En novembre 2001 je décide de laisser mes vieilles frusques pour refaire ma garde-robe. J'ai trouvé un emploi dans les beaux quartiers de Genève, je fais un peu cloche dans mes fringues trop grandes. Avec ma première paye, direction H&M. Pfff, ça fait des lustres que je ne suis pas rentrée dans un magasin de fringues. Ben oui, le coup des vendeuses qui vous regardent de travers et se demandent assez fort ce qu'un gros tas vient faire ici. Je me souviens avoir regardé de partout, mais à Genève, ville plus cosmopolite que ma chère Evian, les gens vous jugent moins sur votre apparence. Je fais d'abord un tour rapide de la boutique qui doit faire la taille de mon super U. Je n'ose pas fouiller. J'ai l'impression d'être une martienne. Bon ma grande faut que tu te décides m'a alors dit ma petite voix. Pfff, allé, sinon j'y serai encore demain. Bon j'avais passé tout l'été en short élastique, puis, j'ai porté mes monstrueux caleçons longs quand le froid est arrivé. Donc je me plonge dans le rayon jeans.... Voyons... je mettais du 56, je vais essayer le 50. J'attrape le 50. Merdoum, je n'aime pas aller dans ces fichues cabines d'essayages, mais bon là, faut quand même que je fasse un effort. Grrr... Je regarde telle une bête traquée si personne ne me voit me diriger vers les cabines. J'entre et enfile en quatrième vitesse le pantalon. Ben ça alors.... il est encore trop grand!!!... Je reste con un moment et me regarde enfin dans la glace. Ca peut paraitre con, mais je ne me regardais plus depuis longtemps dans cette fichue glace. Depuis longtemps je détestais l'image qui apparaissait alors j'avais fini par plus me regarder.
Je me rhabille et retourne dans mon rayon femmes fortes pour reposer le jeans. Je reste con de nouveau. Une vendeuse a du remarquer que je venais d'attérir d'une autre planète. Elle me demande si elle peut m'aider. Au départ je suis sur mes gardes et puis zut, pourquoi pas. Je lui dis que j'ai toute une garde robe à refaire, du haut jusqu'en bas sans oublier mes culottes. Elle sourit et a vraiment du penser que j'étais une martienne. Elle me demande de la suivre. Ben où? On va dans le rayon pour femmes, le vrai, pas celui pour femmes fortes.... Olala mais elle est folle celle-là. Ce jour, je suis sortie avec des pantalons taille 44, des hauts tailles 48 (oui j'ai des grosses doudounes), des jolies culottes de jeune fille, des vrais sous-tifs à dentelle taille 95 E (euh oui quand même) et un sourire jusque derrière les oreilles, et des beaux yeux brillants.
Enfin j'étais de nouveau une terrienne.